Diedo Suarez (Antsiranana)

Sommaire.

La ville haute et les taxis

Diego Suarez (Antsiranana)

Carte sur
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Chef-lieu du nord de Madagascar, troisième port de l'île après Tamatave et Majunga, ancienne base navale française, Diego Suarez possède la deuxième plus grande baie du monde après celle de Rio de Janeiro.

Plus qu'une ville, c'est un mythe, intimement lié aux légendes de l'océan Indien et à une présence française qui a modelé son apparence et écrit une grande partie de son histoire.

Diego Suarez est très étendu, peu de bâtiments dépassent les trois étages, elle a été construite en damier avec de larges avenues rectilignes (très certainement pour les militaires qui l'ont en grande partie conçue cette structure devait faciliter le maintien de l'ordre)

Peuplée d'environ 100 000 habitants, elle abrite, très certainement, la population la plus cosmopolite de l'île. Un véritable melting-pot où se mêlent Antakarana, Sakalava, Comoriens, Karane (Indoo-Pakistanais), Arabe, Chinois, Français ainsi que les marins de toutes les couleurs qui font escale régulièrement.

Le marché de Diego Suarez (Bazary)

La ville jouit d'un climat agréable avec une saison des pluies et une saison sèche les deux très marquées. Le vent, qui souffle très régulièrement de mai à octobre, apporte une fraîcheur agréable à ce lieu tropical.

Un petit peu d'histoire

Du fait de sa situation géographique (avant la construction du canal de Suez, c'était la route maritime obligatoire entre l'Europe et l'Asie) Diego Suarez fut une plaque tournante du commerce entre l'Europe de l'Asie et l'Afrique. Les Yéménites, les Arabes, les Européens, les Asiatiques y furent très actifs.

En 1895, la France avec sa délicatesse coloniale coutumière de l'époque s'empare de la ville. Dans la logique militaire, la rade de Diego Suarez offre une situation stratégique exceptionnelle pour la marine française. Le colonel Joffre, qui venait de Tombouctou, a supervisé les travaux de fortification de la rade. C'est véritablement le début de l'expansion de la ville avec la création de nombreux bâtiments militaires, hôpitaux, écoles. Comme l'histoire n'hésite pas à faire des pieds de nez, surtout aux militaires, les fortifications de la baie de Diego n'ont servi qu'une fois, en 1942 lors du débarquement des alliés (la ville était sous l'autorité du gouvernement de Vichy et avait refusé toute reddition) c'est-à-dire quasiment dans une lutte franco-française, car les forces françaises libres participaient aux combats.

En 1972 avec l'arrivée au pouvoir de Didier Rastiraka la Légion étrangère quitte définitivement les lieux, ce qui occasionne une récession économique non négligeable.

Une architecture coloniale

L'arsenal a été reconverti en chantier naval (un des plus importants de l'océan Indien) et la ville s'est dotée d'une usine de conditionnement des produits halieutiques créatrice de nombreux emplois. Actuellement, la ville est peuplée par de nombreux résidents européens essentiellement des Français (ils seraient environ 3000), ce qui constitue une source de revenus non négligeable.

Pour y arriver et partir : pas triste

Un avion, c'est le plus simple, le plus rapide, le plus sûr. Il y a des vols réguliers une fois par jour vers ou depuis Tananarive. Depuis l'Italie, il y a des vols internationaux vers Nosy Be d'où l'on peut rejoindre Diego Suarez par la route. Il faut compter quasiment une journée depuis Nosy Be essentiellement dû au fait que la route est très dégradée à partir d'Ambilobe.

Il est question, également, de reprendre les vols directs à partir de l'île de la Réunion.

En taxi-brousse, le moins cher, le plus authentique, mais pas forcément le plus sûr.

Il y a des départs tous les jours en direction des principales grandes villes du nord et vers Tananarive et Majunga. Le taxi-brousse roule de jour comme de nuit et du fait de l'état de la route le trajet entre Tananarive Diego Suarez dure facilement 24 heures, donc 12 heures durant lesquelles on ne voit strictement rien.Si l'on est nombreux, une solution pas forcément onéreuse et surtout beaucoup plus agréable du point de vue de la visite, consiste à louer un véhicule berline ou minibus avec un chauffeur, et d'effectuer le parcours depuis Tananarive en trois jours ou plus.

Bien sûr, il y a également le bateau : mais là il faut vraiment du temps.

L'embarcadère vers Cap Diego

Comment circuler en ville

En taxi, essentiellement des 4L qui ont déjà vécu plusieurs vies, toutes de couleur jaune. Il s'agit de taxi collectif, sauf si vous le réservez spécialement. Le prix de la course dans Diego Suarez est de 1000 Ariary le jour et 1500 Ariary la nuit.Il y en a de moins en moins du fait de la concurrence des taxis motos taxis tricycles. Le dernier créneau protégé dont ils bénéficient encore est le transfert entre la ville et l'aéroport.

Le Taxi tricycle, véritablement très nombreux, il fonctionne également en transports collectifs avec un maximum théorique de trois personnes. Le tarif de la course est de 500 Ariary le jour et 1000 Ariary la nuit. En revanche, avec une bonne tête de Vahaza, ils essayent souvent de demander plus cher.

Dans Diego Suarez, contrairement à d'autres villes, les pousse-pousse ne transportent pas de passagers adultes, mais seulement des objets volumineux. Ils font également le transport des enfants vers les écoles.

Pour le transport des marchandises, les pousse-pousse

Bien sûr, il y a des hôtels

Beaucoup de possibilités d'hébergement dans la ville ou à proximité. Il y a de nombreux hôtels à peu près de toutes catégories, des chambres d'hôtes, des locations d'appartements. Il est possible de trouver beaucoup d'informations utiles sur Internet notamment sur http://www.normada.com.

Dans le haut de gamme environ 70 à 80 € la nuit il y a le Grand Hôtel et l'Allamanda en bord de mer.

Dans les hôtels assez chics de 30 à 40 € la nuit on trouve Hôtel Le Colbert, Hôtel Impérial, Hôtel Émeraude.

Dans les hôtels de gamme moyenne, mais très corrects de 10 € à 20 € la nuit entre autres Hôtel Belle Vue, Mexi'Coco, le Petit Paradis.

Les listes ci-dessus ne sont pas exhaustives, et il est très difficile de garantir la qualité des prestations d'une année à l'autre.

La rue Colbert et le Grand hôtel

Évidemment, on peut manger

Il est facile de se nourrir à Diego Suarez toutes les possibilités existent pour toutes les bourses. On peut manger dans la rue, des plats malgaches viandes poissons pour un prix inférieur à 10000 Ariary.

Il y a toutes sortes de restaurants depuis le haut de gamme de style européen jusqu'à des restaurants plus modestes qui proposent des plats fort corrects pour un prix modique.

Il y a également une grande diversité de spécialité, cuisine malgache, indienne, chinoise, réunionnaise, italienne et bien sûr française.

Dans des parallèles ou perpendiculaires à la rue Colbert, de nombreux étals, à partir du milieu de l'après-midi, proposent des beignets de crevettes, des samossas ainsi que beaucoup d'autres choses.

Au marché de Diego et les étalages de manioc

La santé, vaste programme

Il y a plusieurs hôpitaux cliniques à Diego dans un hôpital militaire. Pour toutes les pathologies simples, ça fonctionne à peu près dès qu'il y a quelque chose de compliqué, il ne faut pas hésiter, il faut se faire rapatrier ou bien aller à l'île de la Réunion.

Il y a une médecine privée libérale, souvent il faudra faire la queue. Certains d'entre eux ont terminé leurs études en France, mais les traitements sont plutôt à l'ancienne on vous gave de médicaments. On trouve aussi des dentistes qui arrivent à réaliser des prestations simples avec un matériel assez correct.

Pour ce qui est des médicaments il y a de nombreuses pharmacies avec des tours de garde le week-end. On trouve quasiment tous ce qui peut dépanner, notamment les principaux antibiotiques ainsi que des antipaludéens. En revanche, à ma connaissance il est difficile de trouver de la Malarone : avis à ceux qui l'utilisent.

Au temps de la colonisation, l'hôpital militaire

L'argent, fort utile pour survivre

Toutes les banques de l'île sont présentes dans la ville et il y a de nombreux distributeurs de billets notamment dans la rue Colbert. Il est possible de changer des euros au guichet de toutes les banques, le cours du jour est affiché.

Les distributeurs automatiques de billets fonctionnent correctement quand la connexion marche (ce n'est pas toujours le cas il vaut mieux anticiper) et sont relativement surs. La carte Visa est unanimement acceptée. La Master carte ne fonctionne que dans certaines banques.

Il est possible de changer de l'argent au noir, les taux proposés sont plus avantageux en revanche, s'offrant comment dations particulières, il vaut mieux se méfier il y a de nombreuses arnaques. Dans tous les cas de figure, il faut recompter les liasses de billets ce qui est assez fastidieux vu la faible valeur de la plus grande coupure.

Les arcades, vestiges de l'architecture coloniale

Téléphone, Internet, le monde moderne quoi !

Tous les principaux opérateurs, Orange, Telma, Aitel sont présents à Diego Suarez. Comme cela a déjà été expliqué dans la rubrique Sur Place voyage à Madagascar, pour des questions d'économie, cela vaut la peine d'acheter une puce chez l'un de ces trois fournisseurs.

Il y a plusieurs cyber qui fonctionne très correctement pour un prix assez modique environ 2000 Ariary l'heure de connexion. Dans certains cafés ou hôtels, la Wifi est disponible. Il y a également une possibilité à l'alliance française située dans le bas de la rue Colbert.

Il y a, bien sûr, une poste dans la ville, ils n'ont pas forcément toujours des timbres à vendre (dans les magasins des Karanes) : mais on peut envoyer du courrier, c'est long, mais il arrive.

Chez le brocanteur

Quelque chose à visiter dans le coin

Les alentours de Diego, et notamment jusqu'à Nosy Be, recèlent de petites merveilles qui méritent un détour.

Le parc national de la montagne d'ambre véritable havre de fraîcheur avec ses cascades et sa végétation luxuriante. Au passage, il est intéressant de faire un tour dans Joffreville. Cette visite procure un sentiment d'abandon presque fantomatique, éloge de la décadence de ce qui fut jadis un lieu magnifique dans une nature exceptionnelle.

Le parc national de l'Ankarana situé à environ 110 km de Diego est à 30 km au nord d'Ambilobe permet de visiter des Tsingy, des grottes, des rivières souterraines ainsi qu'en monde minéral végétal de toute beauté.

Les Tsingy rouges, à environ 1h30 de voiture de Diego, dessinent une série d'arabesques rouges qui, l'espace d'un moment, permet de voyager sur une autre planète. Il est possible d'aller déguster un poisson grillé dans le village de pêcheurs d'Irodo situé juste à côté.

Les Tsingy Rouges